ACTUALITES

Nous souhaitons publier sous cette rubrique des articles ayant trait aux possibilités et aux difficultés du changement de paradigme en éducation que propose notre APPEL et des articles en rapport avec les thèmes de la brochure « EDUCATION UN BIEN COMMUN ».

L’ensemble des faits d’actualités les plus marquants depuis le 3 mai 2022, sont consultables dans la Page des Archives.

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Le 9 juin 2024

Elections européennes : les jeunes veulent avoir leur mot à dire

Trouvé sur X ce tweet de l’Ecole des Lettres ; le Café Pédagogique a retweeté : 

« Les 28 et 30 mai derniers, une simulation des élections européennes a été organisée au lycée Auguste-Renoir d’Asnières (Hauts-de-Seine). Si, dans l’imaginaire collectif, les jeunes de banlieue ne sont pas politisés, ce scrutin montre qu’ils sont en demande d’opportunités pour apprendre à participer à la vie civique. Témoignages recueillis par leurs enseignants Frédéric Ledru et Marguerite Graff ». Sur le site de l’Ecole des Lettres, le 7 juin 2024.

Nos débats et écrits dans le collectif Education bien commun portent depuis l’origine, sur le statut des enfants et des jeunes, qui en tant que sujets, doivent être responsabilisés : finalement toutes et tous veulent avoir leur mot à dire. L’Ecole doit être avant tout, le lieu du débat, de la prise de parole et de l’engagement en lien étroit avec la société et le milieu.

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Le 17 mars 2024

Arrêté relatif à l’organisation des enseignements dans les classes de collège

Fin du feuilleton ?

Après l’annonce du Choc des savoirs le 5 décembre 2023, et les fameux groupes de niveau qui ont mobilisé contre eux enseignants, communauté éducative (même des parents) et chercheurs contre le tri social des élèves dès l’entrée en sixième, Nicole Belloubet la nouvelle ministre a été plus nuancée en consultant les syndicats : elle a parlé de groupes de… besoins.
« Art. 4-1. – Les enseignements communs de français et de mathématiques, sur tout l’horaire, sont organisés en groupes pour l’ensemble des classes et des niveaux du collège. Les groupes sont constitués en fonction des besoins des élèves identifiés par les professeurs. Les groupes des élèves les plus en difficulté bénéficient d’effectifs réduits. Par dérogation, et afin de garantir la cohérence des progressions pédagogiques des différents groupes, les élèves peuvent être, pour une ou plusieurs périodes, une à dix semaines dans l’année, regroupés conformément à leur classe de référence pour ces enseignements. La composition des groupes est réexaminée au cours de l’année scolaire, notamment à l’occasion des regroupements, afin de tenir compte de la progression et des besoins des élèves ».

On constatera que le texte officiel n’emploie plus le terme de « groupes de niveau » d’Attal ni celui de Nicole Belloubet mais parle seulement de « groupes » et de « groupes constitués en fonction des besoins des élèves ». Un dévoiement du terme « groupes de besoins » ?!

« Les groupes, qui devront être « réexaminés » toute l’année, ne seront pas non plus obligatoires sur toutes les heures de mathématiques et de français, les équipes pouvant réunir les élèves dans leur « classe de référence » jusqu’à dix semaines par an » Le Monde pour abonné•e•s du 18 mars.

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Le 12 mars 2024

« Le Choc des savoirs est une contre-réforme du collège »

Extraits de l’article du blog de Philippe Watrelot dans Médiapart : « Les fameux groupes de niveau ne sont pas un dispositif isolé. Ils s’inscrivent dans un ensemble plus vaste. Le « choc des savoirs » annoncé par Gabriel Attal le 5 décembre 2023 et que Nicole Belloubet va devoir appliquer constitue une remise en cause du « Collège unique ».  Volonté délibérée ou juxtaposition de mesures ? Au final, c’est bien une contre-réforme du collège qui est à l’œuvre ». […]

« Car le choc des savoirs comporte bien d’autres mesures qu’il faut énumérer pour prendre conscience des transformations qu’il implique :

  • Des programmes articulés autour d’objectifs annuels
  • Des programmes de mathématiques favorisant une approche concrète et imagée (méthode de Singapour)
  • Des manuels labellisés obligatoires en mathématiques et en français
  • Un socle commun réorganisé (en 2025) autour de compétences disciplinaires, de compétences psychosociales et de repères de culture générale.
  • Doublement de l’horaire d’EMC (rebaptisée “instruction civique”et entièrement réécrite)
  • Redoublement décidé “à la main” des enseignants
  • Passage conditionnel dans la classe supérieure (tutorat, stage de réussite…)
  • Le brevet devient « un véritable examen d’entrée au lycée »
  • Mise en place d’une “prépa lycée” pour les élèves ayant échoué au Brevet
  • Utilisation de l’IA pour des exercices adaptés aux élèves
  • Renforcement des enseignements généraux de mathématiques, de français et d’histoire-géographie dans la voie professionnelle

« Avec cette liste de mesures, le gouvernement s’attaque à plusieurs fondements de la politique éducative depuis plusieurs dizaines d’années ».

Titres des paragraphes développés dans l’article :

  • Un peu d’histoire
  • Le collège unique a t-il existé ?
  • Choc des savoirs et menaces sur le collège unique
  • Contre-réforme ?
  • Scolariser ensemble pour faire société

Avec cette conclusion : « Le « choc des savoirs » peut contribuer au chaos social et à la fragmentation de la société… »

Philippe Watrelot. Le 12 mars 2024. Dans son blog de Médiapart : Le choc des savoirs est une contre-réforme du collège

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07 mars 2024

Groupes de niveau : rétropédalage du gouvernement

Le café Pédagogique publie « À titre dérogatoire, et sous la responsabilité des chefs d’établissement, il sera possible de préserver des temps d’enseignement en classe entière en français et en mathématiques », indique-t-on au ministère de l’Éducation nationale. Une façon de reculer sans perdre la face pour le gouvernement sur la mesure phare du Premier ministre Gabriel Attal. Autre reculade, et non des moindres, l’appellation de ces groupes. La rue de Grenelle n’évoque plus de groupes de niveau, mais parle de groupes de besoin. Un changement lexical loin d’être anodin » […]

« La nouvelle ministre de l’Éducation nationale a finalement désavoué le projet de Gabriel Attal. Une victoire à mettre sur le compte de la mobilisation des communautés éducatives – enseignant·es, chef·fes d’établissement, vie scolaire, parents, élus… Et de la réalité du budget de l’Éducation nationale… »

Les syndicats dans leur ensemble soulignent que la récente et forte mobilisation des personnels contre le Choc des savoirs et le tri social des élèves, a eu une influence certaine sur le ministère. Mais ils attendent des précisions et des éclaircissements.

Sur la Page du Café Pédagogique.

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23 Février 2024

Au cinéma, la parole des femmes se libère suivie par celle des hommes

Judith Godrèche : Un # metoo français du cinéma aux Césars du 23/02/24. Après sa dénonciation de l’emprise et agressions sexuelles qu’elle a subies de la part de deux réalisateurs pendant sa jeunesse alors qu’elle était mineure, « L’actrice assure au «Parisien» avoir été touchée par la standing ovation qui a suivi sa prise de parole lors de la cérémonie des césars, vendredi 23 février. Elle appelle désormais à l’action pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles dans le monde du cinéma français ». Elle déclare « qu’elle a écrit «ce discours pour qu’il fédère, qu’il suscite un changement»Sur la page de Libération.

Sur France 5 dans l’émission « En société » qui a suivi, le 25/02, elle dit que ce qu’elle voudrait dénoncer, plus que le sort des femmes, c’est surtout le sort des enfants dans le cinéma, comment ils sont traités par les réalisateur•rice•s… Et l’inceste dans les scénarios comme des choses évidentes. Il y a beaucoup de familles incestueuses dit Eric Orsenna, invité dans l’émission : dans les milieux politiques, le sport… et il remercie Judith Godèche pour ses paroles.

Celle-ci invitée toujours sur France 5 mais dans l’émission « C’est à vous » du 26/02 annonce que ses paroles aux Césars lui ont valu… 2000 témoignages !

Etait présent aussi à l’émission le journaliste Adrien Borne qui avait dénoncé sur Facebook, il y a quelques années, sans trop de réactions, les atteintes sexuelles qu’il avait subies à 13 ans et a annoncé le @me too garçons qui venait d’être lancé par l’acteur français Aurélien Wiick pour témoigner et raconter les abus sexuels dont il a été victime pendant son enfance dans le milieu du cinéma. Le hashtag #MeTooGarçons doit encourager d’autres hommes à prendre la parole et raconter les violences sexuelles qu’ils ont pu subir. Des centaines de témoignages jaillissent alors sur les réseaux sociaux. « Au-delà des abus subis de la part de son agent, c’est toute l’industrie du cinéma qu’il met en cause, évoquant « producteurs et réalisateurs » et dénonçant « agressions, harcèlements, tentatives de viol ». Aurélien Wiik raconte par ailleurs le « chantage » qu’il a subi « contre des rôles », les « dîners piégés organisés par des vieux avec plusieurs mineurs » ou encore les « mains baladeuses » contre lesquelles il a dû se « défendre ». « Jusqu’à 25 ans, on m’a proposé des rôles en échange de faveurs. On a tenté de me droguer souvent », confie l’acteur […] » Lire ici. et ici.

@me too garçons a provoqué plus de 15000 réponses parmi lesquelles celle d’un député de la France Insoumise qui est interviewé dans l’émission :  « Je serai là pour porter la parole ». 

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19 Février 2024

Les collégiens contre les groupes de niveau

Tweet sur X anciennement tweeter ce matin, remarquable et à partager : @Lunarobase

« J’arrive pas à dépasser le fait qu‘on est en train de détruire le collège unique et que personne à part les profs en a quelque chose à foutre. Et pourtant dieu sait qu’il est dysfonctionnel, ce collège unique. Mais bordel. Le tri des enfants à 10 ans. Mes élèves m’ont demandé –

– pourquoi je faisais grève. Du coup, au lieu de lancer l’activité d’écriture qui m’aurait fait rattraper le retard que la 5e7 a sur la 5e1 et qui m’embête fortement, je leur ai parlé des groupes de niveau. Ils étaient unanimement horrifiés. Ils ont tout de suite eu conscience-

– de la dégueulasserie concoctée par Gabriel Attal. J’ai vu le regard de W., dys, tdah en cours de diag, un gamin que j’aime beaucoup (eh oui) dans ma classe depuis deux ans. Très intelligent et vif, passage à l’écrit très difficile. Il m’a rendu une super éval où les phrases avaient presque tous les mots, récemment. Un beau 14, la première fois qu’il a une aussi belle note en français. J’étais super fière de lui. Dans son regard et dans son cri d’horreur quand j’ai parlé des groupes de niveau, j’ai vu qu’il s’imaginait toute sa scolarité dans le groupe des nuls. Ça m’a brisé le cœur. C’est tellement violent. Je pleure en écrivant ces lignes. J’ai vu plus de profs de français et maths pleurer cette semaine que dans les 4 dernières années. On détruit notre métier avec le sourire et « l’intérêt des élèves » en étendard. –

Standardisation des manuels dès le primaire, tri sur le niveau à 10 ans, pas de lycée général sans brevet, brevet plus dur, réduction des matières générales à peau de chagrin en bac pro, uniformes, SNU. Nos élèves? Chair à patron, chair à canon. Rien d’autre ».

A partager d’urgence pour avertir les parents et autres partenaires de l’école (primaire, collège, lycée). Pour une réaction immédiate.

Une action est entreprise actuellement sur le site de la Riposte. Appel à soutien et signatures de tous les personnels et usagers (parents, citoyens, etc.) de l’école primaire (maternelle, élémentaire, collège, lycée).

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15 Février 2024

L’enfance n’est toujours pas protégée

En effet ce matin je reçois des notification de X (anciennement Twitter) dont énormément de Lyes Louffok @LyesLouffok, militant des droits de l’enfant, ancien membre du Conseil National de la Protection de l’Enfance. A 29 ans, il est l’auteur de « Dans l’enfer des foyers » et de « Si les enfants votaient ». Il témoigne encore et toujours : Qui défend la cause des enfants placés ? D’autant que des faits divers (suicides, enfants et jeunes placés en foyer, pire dans des hôtels, sans protection,  violences, prostitution, etc.) défraient la chronique en ce moment (mais on n’en parle pas au journal de la 2 par exemple).

Lu sur Wikipedia : « Lyes Louffok, né le 3 novembre 1994 dans les Yvelines, est un militant des droits de l’enfant et essayiste français. Ancien enfant placé, il témoigne en 2014 des maltraitances qu’il a subies dans un livre intitulé Dans l’enfer des foyers. Il milite depuis pour une réforme de l’Aide sociale à l’enfance et une meilleure représentativité politique des enfants. Il dénonce notamment qu’« un SDF sur quatre est un ancien enfant placé »

Il est membre du Conseil national de la protection de l’enfance (CNPE)

Le téléfilm L’Enfant de personne, réalisé par Akim Isker et diffusé le 15 novembre 2021 sur France 2, porte à l’écran le parcours de Lyes Louffok. Il remporte deux prix au Festival de la fiction TV de La Rochelle 2021, dont le prix du meilleur unitaire. » J’ai vu ce téléfilm diffusé en 2021 aux alentours de minuit (!!!) l’histoire vraie et bouleversante de Lyes, enfant placé. Suivi d’un débat que je n’ai pas regardé.

« Thématiques du film sur wikipedia : Le téléfilm aborde avec pudeur les nombreux périls qui guettent les enfants en foyer : enfants agités sans prise en charge pédopsychiatrique, violences d’éducateurs non formés, petits violés par des grands, prostitution, jeunes filles placées seules à l’hôtel, enfants lâchés à la rue le jour de leurs 18 ans… »

Une jeune fille vient de se suicider à Clermont-Ferrand :

Robert Badinter vient de décéder mais nous laisse de puissantes paroles dont témoigne l’Unicef

Mais combien encore de cas d’enfants et de jeunes en détresse en 2024 ?

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Février 2024

Dénoncer la violence systémique à l’oeuvre dans l’école, c’est aussi lutter contre le harcèlement scolaire

« Faire de la lutte contre le harcèlement une priorité éducative va de soi. Mais remettre en question la violence pédagogique systémique de notre organisation scolaire en faisant vivre la démocratie scolaire au lieu de la considérer comme un artifice inutile, est nécessaire pour ne pas renforcer les vulnérabilités des élèves. […]

La violence systémique de l’école : « Si les heures de vie de classe sont effectivement des lieux d’expression où il s’agit d’écouter d’abord les élèves puis de dialoguer avec eux en changeant ce qui peut être changé quand ils ont évoqué une difficulté, on a aussi plus de chances de faire émerger la souffrance scolaire du silence dans lequel elle est le plus souvent tenue. Cette souffrance a de multiples facteurs, externes pour certains à l’école, comme la précarité, le chômage, mais aussi internes. On pense bien sûr aux relations entre élèves, qui peuvent se traduire par du harcèlement, mais aussi aux relations entre les élèves et les personnels : discriminations, stigmatisations, comparaisons, sont des composantes de la violence pédagogique ordinaire.

S’interroge-t-on assez souvent sur le sens que peut avoir le fait de rester assis huit heures par jour, pour écouter en faisant silence la plupart du temps, temps marqué par des contrôles-surprises dont il est hors de question de discuter la note, de supporter le jugement des adultes et des pairs ? Dans son ouvrage L’attention portée aux vulnérabilités des élèves, Christophe Marsollier appelle à la plus grande vigilance sur ce point. Et il met en lumière le curriculum caché qui constitue la face invisible des apprentissage scolaires : s’inscrire dans un milieu contraignant, savoir bachoter, faire semblant, simuler, vivre dans la compétition instituée, crier en silence pour respecter la discipline imposée… » […] Sur le blog de Jean-Pierre Véran dans Médiapart

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14 Février 2024

Réactions de membres de la première Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise)

« Des membres de la Ciivise 1 veulent reprendre le travail qu’ils ont mis en place, après la démission du nouveau président. Treize membres de la première commission indépendante ont demandé mercredi le retour du juge Edouard Durand à la tête de l’instance. Quatre associations de victimes d’inceste estiment de leur côté que la Ciivise 2 a « trahi les victimes », dans une lettre adressée à Emmanuel Macron ». Article pour abonné•e•s du Monde.

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2 Février 2024

Démission du recteur de l’Académie de Paris

« Education : la démission très politique du recteur de Paris, en désaccord avec Amélie Oudéa-Castéra.

Christophe Kerrero, à la tête de l’académie depuis 2020, a annoncé sa décision vendredi dans une lettre aux personnels. Il évoque le désaccord qui semble l’avoir convaincu de quitter ses fonctions, lorsque la ministre a suspendu, mercredi, son projet de fermeture de certaines classes prépa à Paris ».[…]

« Les disparitions d’une classe économique commerciale et générale, au lycée Jacques-Decour, de la seule hypokhâgne de Lamartine, d’une khâgne à Chaptal et d’une classe de la filière adaptation technicien supérieur à Pierre-Gilles-de-Gennes devaient permettre, « à moyens constants », d’ouvrir d’autres types de classes. Le recteur avait pour ambition d’ouvrir deux prépas destinées à des bacheliers professionnels pour préparer les concours des écoles d’ingénieurs et des écoles de commerce. Le lycée Henri-IV devait quant à lui expérimenter une toute nouvelle filière de classe préparatoire au professorat des écoles ». Lire sur la page du Monde pour abonné.e.s

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Janvier 2024 : l’année de tous les désastres

Groupes de niveau : le choc de répulsion

Sur le site du Café Pédagogique : « Le 5 décembre 2023, le ministre de l’Education nationale annonçait la mise en place de groupes de niveau en français et en mathématiques pour les 6èmes et 5èmes à la rentrée 2024 : un dispositif inégalitaire immédiatement contesté par les pédagogues, les équipes éducatives, les syndicats… En cette fin janvier 2024, alors que les établissements découvrent avec effroi leurs Dotations Horaires Globales pour l’an prochain, les autoproclamés « choc des savoirs » et « choc d’attractivité » se transformeraient-ils en choc de répulsion jusque chez les enseignant·es ? Voici 10 témoignages, édifiants, de professeur·es de français sur les conséquences désastreuses des groupes de niveau annoncés : aggravation de l’apartheid scolaire, stigmatisation d’élèves par l’institution elle-même, naufrage des pédagogies coopératives, progressions uniformisées, suppression d’options ou de dispositifs pour récupérer des moyens, renoncement au rôle si essentiel de professeur principal, fin des dynamiques de projets, cloisonnements disciplinaires, conditions de travail dégradées, évaluation problématique, perte de sens du métier … Le ministère entendra-t-il leur parole ?

Marina (académie de Rennes) : Mes 6èmes me disent « j’ai pas envie d’être chez les nuls »

Céline (académie de Besançon) : Regrouper, classifier, trier, étiqueter des enfants

Marie (académie de Bordeaux) : La mort de tout ce que j’ai mis des années à construire

Sandrine (académie de Grenoble) : Faire se rencontrer les parcours de vie

Chloé (académie de Créteil) C’est le contraire de notre métier

François (académie de Besançon) : Quid des progressions, des séries de livres, de l’évaluation… ?

Véronique (académie de Rennes) : Supprimer latin, allemand, EPI, poste d’H-G … ?

Peggy (académie de Lille) : L’inclusion par l’exclusion !

Clémence (académie de Grenoble) : Un creuset des inégalités scolaires

Cécile (académie d’Orléans-Tours) : Quid des projets, des professeurs principaux, des compétences psychosociales … ?

Propos recueillis par Jean-Michel Le Baut. (Certains prénoms ont été modifiés). Lire sur la page du Café Pédagogique.

Et une pétition du président du CRAP-Cahiers pédagogiques : Alerte sur les groupes de niveau au collège. Pétition lancée par Gwenael Le Guével, président du CRAP-Cahiers pédagogiques

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14/12/23

« Pour un collège démocratique » enfin ?

Philippe Meirieu, chercheur et militant en pédagogie – écologiste – vice-président des @Cemea a twitté : « Renoncer au collège unique ou réparer le vice de forme initial ? » puis écrit le lendemain, un second tweet : « Peut-être pourrait-on même s’inspirer du rapport de Louis Legrand en 1981 : « Pour un collège démocratique ». Il ferait apparaître comme particulièrement vieillottes et rétrogrades les propositions de notre jeune ministre ».

Historique du rapport Legrand

Intitulé « Pour un collège démocratique », le « rapport Legrand » est rendu en décembre 1982.
Il prône la constitution au sein des établissements d’ensembles autonomes d’une centaine d’élèves sous la responsabilité d’une équipe pédagogique. Celle-ci aurait la latitude d’organiser son enseignement, notamment en formant des groupes temporaires d’élèves en fonction des besoins, ainsi qu’en adaptant les programmes.
Le rapport préconise un large recours à la « pédagogie de projet », impliquant simultanément plusieurs disciplines, et prévoit l’instauration d’un système de tutorat, où un adulte prend en charge un groupe de 12 à 15 élèves pour les soutenir dans leurs études. Il défend la reconnaissance des enseignements artistiques, technologiques et sportifs à égale dignité avec les autres matières. Il propose enfin une redéfinition du service hebdomadaire des enseignants dans le sens d’une présence accrue dans l’établissement : seize heures de cours pour tous (agrégés compris), trois heures de tutorat et trois heures de concertation » […]

Les adversaires qui ont détruit la réforme :

« […] le SNES, principal syndicat du second degré […] lance une intense campagne contre la réforme, refusant notamment tout changement dans les obligations des enseignants et dénonçant dans le tutorat une distorsion du métier dans le sens de « l’animation ». Parallèlement, le camp traditionaliste se mobilise dans le champ politique et dans les médias sur le thème, promis à un grand avenir, de la « destruction de l’école ».

« Alain Savary abandonne la redéfinition du service hebdomadaire des enseignants et le tutorat. Le ministre ne retient sous une forme amoindrie que certaines des mesures préconisées et décide que la rénovation se fera à partir de la rentrée 1984 sur la base du volontariat des établissements, par
tranches de 10 % chaque année […] « Nommé ministre de l’éducation en juillet 1984, Jean-Pierre
Chevènement, réticent envers les réformes de son prédécesseur, n’annule pas officiellement la rénovation engagée, mais celle-ci s’enlisera lentement mais sûrement ». Lire en intégralité dans le site de Philippe Meirieu.

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6/12/2023 et suites…

Maths, PISA, Atal… et témoignages…

Le 6 décembre 2023, dans les Matins de France-culture de 7h42 à 8h, suite à PISA et aux  déclarations de Gabriel Attal, le journaliste Guillaume Erner s’entretenait avec Hugo Demille-Copin médaille Fields 2022 (la médaille Fields est la plus prestigieuse récompense en mathématiques) et Laure Carémon mathématicienne de l’EHES (l’École des Hautes études en Sciences sociales). Leurs propos sont concordants (sans intention de polémiquer avec Attal, mais le trouvant implicitement ridicule).

 Les deux spécialistes sont d’accord sur toutes les formulations suivantes :  il ne s’agit pas de sélectionner des élites, de mélanger éducation et recherche  mais de considérer qu’il « s’agit d’une culture » à développer dès les premiers âges.

Il s’agit « d’apprendre à raisonner »« de faire ensemble et non pas dans la compétition » et « essentiel, apprendre à se tromper ». Hugo Demille-Copin raconte une erreur récente qu’il vient de commettre sans honte. Il insiste  en parlant « du petit enfant qui essaie d’apprendre quelque chose en se trompant, en réitérant, réitérant » Il faut convaincre les parents en particulier qu’un enfant qui se trompe n’est pas nul en math. Parallèle avec la musique, le sport « répéter un geste pour pouvoir le maîtriser ».

A la remarque de G. Erner « l’échec est jugé plus sévèrement en France qu’ailleurs », Laure Carémon déclare : « on a un système qui repose sur des notes, on a eu des 2 et  l’on considère qu’on est « nul en math  pour le reste de sa vie ». On veut aussi « produire des scientifiques » « si l’école est capable de produire des gens heureux qui sont capables de faire grandir leurs talents, on aura des scientifiques.  Il faut compter aussi avec les émotions : « fierté d’avoir mérité après avoir galéré »

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Témoignage de Raymond Millot ancien instituteur : « Je travaillais avec Nicole Picard de l’INRDP. Je peux témoigner de ce qu’on peut faire avec des enfants de 6 à 8 pour créer la culture mathématique. Il faudrait faire un appel pour obtenir des témoignages actuels. Nous travaillions :

  •  sur la théorie des ensembles : avec des « blocs logiques » qui conduisaient à raisonner, déterminer les caractéristiques, classer,  ranger dans des cercles en intersection, cela en groupe,  en discutant sans note.  
  • Sur les 4 opérations à la fois : Alors que selon la logique du simple au complexe  on commence avec l’addition etc. Avec le « matériel Cuisenaire » (réglettes de couleur l’unité étant le cm3 couleur bois) permet qu’en sachant compter jusqu’à 12 , dès 6 ans, de comprendre sans les nommer les 4 opérations, et visuellement , la moitié, le tiers, le quart, donc avoir l’idée de fraction, d’organiser le travail en petits groupe avec des consignes…
  • Sur la numération : avec le matériel «multi-bases » comprendre que la base 10 n’est qu’une convention, savoir qu’avec les œufs on comptait en base 12, qu’on peut compter  dans de multiples  bases et même savoir que l’ordinateur fonctionne en base 2 , n’utilisant que le 1 et le 0,( comme un interrupteur 1 le courant passe, 0 on coupe), avoir une idée de surface (une plaque) et de volume(un cube).
    • A chaque séance de  gym, à la fin la consigne était de se ranger en base 3 ou 4 ou 5, de discuter, en étant 28 enfants :
      • on formait  en base 5, on formait une « plaque » (5 puissance 2) et  3 unités ( 3 petits cubes)
      • en base 4  une « plaque »(4 puissance 2),  3 « barres » )
      • en base 3, un « cube » (3 puissance 3)  et 1 » »
    • et rentrés en classe, constater que 28 en base 5  s’écrit 103, 28 en base 4 s’écrit 130, 28 en base 3 s’écrit 1001. Et  constituer ces nombres avec le matériel.

Il n’y avait aucune note, des erreurs et des discussions, des répétitions, du plaisir, parfois de la fierté, ( en savoir plus que ses parents) une culture commune. C’était à l’école expérimentale de la rue VITRUVE dans les années 60 !

Appel à témoignages…

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05/12/2023

Résultats des évaluations internationales PISA : défaillance du système éducatif

« Le niveau des collégiens français s’affaisse t-il ou se redresse t-il ? Les résultats de Pisa 2022, la grande étude internationale portant sur les jeunes âgés de 15 ans, seront connus mardi 5 décembre et le Café pédagogique en rendra compte dans la matinée. Aujourd’hui, on peut revenir sur les résultats de Pisa 2018 pour estimer les chances d’une amélioration et celles d’une aggravation du décrochage. Et, comme les maths sont la discipline reine de l’édition 2022 de Pisa, on peut aussi revenir sur Timss 2019. Que nous ont-ils appris de l’Ecole française ? Les gouvernements Macron ont-ils tenu compte de ces enseignements ? » Sur la page du Café Pédagogique.

5/12 : les résultats sont connus. « Cette fois, c’est une vraie chute de niveau qu’enregistre la nouvelle évaluation internationale Pisa organisée par l’OCDE. […] Si presque tous les pays sont touchés par des conséquences négatives du covid, les élèves français chutent beaucoup plus que les autres. Et, pour la première fois, l’OCDE pointe directement la gestion du système éducatif. Depuis 2018, la France est, après le Cambodge, le pays où le nombre d’élèves touchés par le manque d’enseignants a augmenté le plus : 67% des élèves sont scolarisés dans des établissements où le chef d’établissement signale qu’il manque d’enseignants. Le système éducatif français reste marqué par l’importance des inégalités sociales de réussite scolaire ». Article du Café Pédagogique.

Le ministre G. Attal a aussitôt annoncé les mesures pour remonter le niveau : par un retour en arrière ? Le redoublement à l’honneur. Les groupes de niveau controversés même par l’OCDE.

« Nouvelle épreuve de mathématiques en première, brevet indispensable pour le passage au lycée ou encore changement de règles pour le redoublement […]

« Des mesures tous azimuts. Gabriel Attal promet la mise en place d’un logiciel comprenant une « intelligence artificielle » censée aider à l’apprentissage ou à l’approfondissement en français ou en mathématiques. […]

« Inquiétude sur les moyens humains. « Comment le ministère va réussir à recruter assez d’enseignants pour mettre en œuvre toutes ces mesures ? », s’interroge la FCPE sur franceinfo. Autre élément controversé : les groupes de niveau.

L’enquête Pisa « indique bien que ces groupes devraient plutôt être des groupes de besoins ponctuels et ne pas conduire à une ségrégation des élèves par classe au niveau scolaire », fait valoir la fédération de conseils de parents d’élèves. » Sur la page de Franceinfo.

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28/11/2023

Roland Goigoux : « Je ne m’indigne pas des choix politiques mais de l’instrumentalisation de la science ».

Et en 2022 déjà : Lecture : Roland Goigoux dénonce l’engouement ministériel pour la fluence

Reprenons ici les principes que nous énonçons ici dans notre Collectif Education bien commun, depuis 2020 : « L’éducation est un bien commun qui en tant que tel, ne doit pas dépendre d’un quelconque pouvoir politique ou économique mais faire l’objet d’une construction collective évolutive élaborée démocratiquement. »

Que constatons-nous et avec nous Roland Goigoux, chercheur spécialiste de l’apprentissage de la lecture ? Que les différents ministres de l’éducation imposent depuis J.M.Blanquer une méthode de lecture syllabique dure, un livret unique le guide orange labellisé, un outil d’évaluation, la fluence : « la fluence est un outil de mesure très partiel de ce qu’est la lecture. Elle ne dit rien de la compréhension des textes. On peut lire vite des choses que l’on ne comprend pas. On survalorise un test qui n’évalue qu’une partie des compétences de lecture, celle de la maîtrise du décodage et de son automatisation. Et qui n’incite les professeurs qu’à entrainer cette seule habileté. » Il déclare après avoir été auditionné le 8 novembre par les rapporteurs de la mission parlementaire sur l’apprentissage de la lecture : « Que la politique fasse de la politique et assume ses choix, mais qu’elle n’utilise pas la science pour cautionner des directives qui sont idéologiques », lâche-t-il. Une mise au point salutaire en ces temps de récupération politique de l’apprentissage de la lecture ». Lire l’intégralité de l’article sur le site du Café Pédagogique.

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11/11/2023

Podcast : l’exception de la pédagogie Freinet

…ou ce que la maternelle devrait être aujourd’hui mais dont les différents ministres de l’Education et aujourd’hui le président Macron lui-même, la détournent pour en faire l’antichambre du… CP… au nom de… l’égalité des chances ! La pédagogie Blanquer a de beaux jours devant elle. La pédagogie Freinet et toutes les pédagogies de l’éducation nouvelle, du GFEN, de l’AFL etc. font d’abord confiance aux enfants dès le plus jeune âge avant de vouloir les embrigader, les formater. Article de Télérama du 11/11/2023 qui présente un podcast à écouter.

« Et si on faisait confiance aux enfants ? C’est cette idée, simple et difficile à appliquer, que défend la pédagogie Freinet, dont le podcast “La Buissonnière” explore la méthode au fil d’un reportage à Vence. Utile et attendrissant. Pour le podcast La Buissonnière, Héloïse Pierre pose son micro dans une classe de maternelle et fait découvrir cette méthode bienveillante, exigeante et interactive. Les élèves apprennent à lire et à écrire à partir de leurs propres histoires, se responsabilisent grâce à un système de parrainage entre grands et petits, débattent autour de notions cruciales comme le consentement ou les stéréotypes de genre. Quant aux conflits, ils sont résolus par le dialogue et le vote. Immergée dans les journées de ces enfants, on est à la fois attendri et impressionné : on réalise à quel point ces mini-citoyens sont frappés de bon sens, en prenant tout simplement le temps de les écouter ».

« Faire des élèves des acteurs de leur apprentissage, c’est ce que propose la pédagogie Freinet enseignée à l’école publique Freinet de Vence. Durant une année, nous suivons les élèves de maternelle et leur enseignante Marie, en immersion sonore dans une classe de trois niveaux de maternelle. Ecouter ici le podcast.

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6 novembre 2023

Ce que la pensée complexe d’Edgar Morin apporte à l’éducation : « le paradigme de l’éducation complexe »


« Le dicton « nul n’est prophète en son pays » pourrait bien s’appliquer aux travaux d’Edgar Morin sur l’éducation. C’est un champ que le sociologue a amplement traité, pourtant son apport en la matière ne semble pas reconnu en France. L’homme de la complexité ne trouve pas dans cette « province de la Terre-patrie » à laquelle il se voue l’écho des honneurs et plébiscites qu’il reçoit à l’échelle planétaire, par exemple en Amérique latine qui dès les années 60 a noué une forte relation avec lui.

En replaçant l’humain au cœur d’une communauté de destin, la vision anthropologique de l’éducation d’Edgar Morin s’inscrit dans une visée sociétale qui fait de chacun de nous un citoyen du monde, un monde qui se transmet, et qu’il nous appartient tant de préserver que de bâtir. Au regard des problématiques qui parcourent l’école aujourd’hui, déployer des réformes ne saurait suffire. Une pensée prenant en compte la globalité des grands défis contemporains est nécessaire pour assurer la transmission des connaissances aux jeunes générations.

Cette pensée éducative, Morin s’y est consacré à travers une trilogie composée des ouvrages suivants : La Tête bien faite : repenser la réforme, réformer la pensée (1999), Relier les connaissances (1999), Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur (2000). La trilogie a été complétée une quinzaine d’années plus tard par l’ouvrage Enseigner à vivre : manifeste pour changer l’éducation (2014), dont s’est inspiré le réalisateur Abraham Ségal pour réaliser un documentaire montrant une mise en perspective des idées de Morin dans 5 établissements publics ». […]

« La transdisciplinarité au service de la compréhension de l’humain

Les différentes disciplines doivent être mobilisées ensemble plutôt que séparément afin de converger sur la compréhension de la condition humaine. C’est sur ces bases que Morin appelle à une réforme de pensée qu’il annonce comme étant historique et vitale en ce qu’elle permettra conjointement de séparer pour connaitre et de relier ce qui est séparé ». […]

« Concrètement, la mission de l’enseignant est de donner du sens aux apprentissages en proposant à ses élèves un travail s’appuyant sur leurs besoins profonds, comme le préconisait en son temps le pédagogue belge Ovide Decroly avec la pédagogie de l’intérêt ».

« Instaurer une démocratie à l’école

Edgar Morin prône aussi l’instauration, dans le cadre de l’école, d’une démocratie qui permettrait aux élèves de prendre réellement part aux débats et à la vie quotidienne scolaire. L’objectif serait de redonner à l’école sa place comme lieu de formation du futur citoyen ».[…] « Autrement dit, selon Morin, l’éducation doit non seulement permettre d’apprendre à vivre, mais à vivre dans la solidarité, et dans une solidarité qu’il place dans un système planétaire. Le système compétitif que l’école continue à favoriser devrait donc être repensé au prisme de la coopération pour permettre aux enfants et aux jeunes d’apprendre à travailler ensemble, dans un monde commun, et dans une relation de confiance qui englobe également les éducateurs ». Lire l’article ici.

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5 octobre 2023

Débat sur les savoirs : un électrochoc réactionnaire

« Une mission « exigence des savoirs », avec une priorité sur le français et les mathématiques, sera lancée, associant les professeurs, des recteurs et des inspecteurs, annonce le ministre de l’éducation nationale, Gabriel Attal, dans un entretien au « Monde ». Article du Monde du 05/10/2023.

Réaction à cette dernière com’ du ministre Attal : « Qui pourrait douter du bien fondé de mettre les savoirs au cœur du débat éducatif ? Mais le «choc des savoirs» annoncé par le ministre est un électrochoc réactionnaire. » Le CICUR : Collectif d’interpellation du curriculum (CICUR) au sein du Comité universitaire d’information pédagogique (CUIP), association loi 1901.

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5 octobre 2023

Le 5 octobre, ce sera votre fête !

« Nous sommes dans le temps de l’action ». Intervenant à l’occasion de la Journée mondiale des enseignants, le 5 octobre, Gabriel Attal lance « le choc des savoirs ». En huit semaines, il promet de trouver les solutions pour “relever le niveau” et sauver l’Ecole. C’est que les “constats” sont déjà faits et les réponses connues. Ce sont celles préconisées depuis 2017 : mettre fin aux cycles, généraliser les classes de niveau, dicter aux enseignants les méthodes à suivre, labelliser les manuels scolaires. En toute logique, le ministre veut aussi rétablir les écoles normales avec recrutement au niveau bac. Dans cette vision caporaliste de l’Ecole, nul besoin d’enseignants formés en université, le ministère pense pour eux. Des exécutants dociles suffisent. Pour légitimer cette vision, une consultation organisée par le ministère sera lancée auprès des enseignants. Vous avez aimé Blanquer, vous aimerez Attal… » Lire ici sur la page du Café Pédagogique.

« C’était il y a 15 jours, le 5 octobre, lors de la journée des enseignants, le ministre de l’Éducation promettait un « choc des savoirs » et annonçait une mission de huit semaines pour tout réformer : recrutement des enseignants au niveau bac pour une formation au sein « d’écoles normales du XXIe siècle », fin des cycles, généralisation les classes de niveau, labellisation les manuels scolaires… Jean-Paul Delahaye, ancien DGESCO, nous livre son analyse de ces annonces. Selon lui, ces annonces ne règlent pas la question des inégalités qui « ne nuisent pas à tout le monde » . Comment ne pas voir qu’il existe une véritable lutte de classe dans notre système éducatif ? » interroge-t-il. « Cette situation, mesurons-le, met en danger la cohésion de notre pays ». Il répond aux questions du Café pédagogique« .

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Septembre 2023

Crise d’attractivité du métier : Finlande : une exception !

« Enseignement : la Finlande, une exception dans la crise d’attractivité qui touche tous les pays de l’OCDE.

Dans son rapport annuel, « Regards sur l’éducation », l’OCDE compare les politiques de la quarantaine de pays membres et évoque notamment la question de la pénurie de professeurs ».

Radio France – Publié le 12/09/2023

« À notre connaissance, il n’y a qu’en Finlande et en Irlande en Europe où on arrive à trouver des candidats pour tous les postes », résume Éric Charbonnier, analyste à l’OCDE ».

« Il y a un problème d’attractivité qui est lié à plusieurs raisons : la première est salariale mais ce n’est pas suffisant pour tout expliquer. »

« Pourquoi la Finlande fait exception, alors que les enseignants n’y sont pas beaucoup mieux payés qu’en France ? C’est une question de « valorisation du métier », explique Éric Charbonnier.

« On propose une formation de qualité aux enseignants et ils bénéficient de toutes les avancées de la recherche en éducation, ils ont accès à une formation continue sur leurs besoins ».

« Les enseignants en Finlande sont valorisés par la société. Il y a moins de problèmes avec le respect des maîtres en Finlande. » Lire l’article ici.

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24 Septembre 2023

« Un silence si bruyant » : les enfants victimes d’inceste

« Aucun cri ne sort de ma bouche » : l’actrice Emmanuelle Béart révèle avoir été victime d’inceste pendant son adolescence. « Mon père, ma mère, mon école, mes amis ne voient rien. Tout peut recommencer et tu recommenceras pendant quatre ans », poursuit la comédienne dans Un silence si bruyant, film qu’elle a co-réalisé et qui sera diffusé le 24 septembre sur M6. « « C’est un film choral, collectif », a expliqué Anastasia Mikova, la co-réalisatrice, rappelant les chiffres communément admis sur les victimes d’inceste : « 10% de la population française, 6 millions de personnes. » Dans un propos liminaire enregistré et diffusé lors de l’avant-première, Emmanuelle Béart a insisté sur la portée sociétale de ce documentaire, au-delà de son cas personnel »

« A partir du 24 septembre, des enfants seront mieux protégés grâce à ce film » : le juge Edouard Durand qui préside la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise). La secrétaire d’Etat chargée de l’Enfance, Charlotte Caubel, a salué « le courage des témoignages » de ce documentaire et annoncé une « grande campagne gouvernementale » sur les « violences sexuelles infligées aux enfants », « dans les prochains jours »Lire l’article ici.

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Septembre 2023