2022 : Bifurquer !

Le combat contre la réforme des retraites montre une forte mobilisation de nos jeunes. Leurs appels, actions, revendications portent bien moins sur les retraites que sur l’emploi, le travail, les solidarités, la justice sociale, le désastre écologique, bref un désir fort d’un futur autre que celui qui leur est aujourd’hui proposé. Les assemblées générales, les ateliers de création politique, les blocus – parfois même de collégiens protestant contre des effectifs de classe chargés et des conditions de travail dégradées – nous obligent toutes et tous, expert•e•s ou non des questions éducatives, à réunir nos forces et à entreprendre partout où l’on peut des actions, des démarches pour construire ensemble une autre école dans le cadre d’une éducation qui serait considérée comme un bien commun.
C’est l’objectif d’un cycle initié par l’UBC et le CNNR dont la première session aura lieu à l’Académie du Climat le 11 mai prochain ( ci-joint l’invitation ). Nous vous invitons à partager avec nous ce temps d’ateliers qui inaugurera un cycle de réflexion. De cet atelier se dégageront des premières pistes, propositions, qui auront alors besoin d’être nourries par vos travaux, vos recherches. C’est alors que nous vous solliciterons dans les prochaines sessions pour nous aider à explorer ce concept d’éducation bien commun.

Automne 2022

C’est tout le système éducatif qui doit bifurquer !

« Quand on parle de politique climatique, en réalité on ne parle pas seulement de climat, on parle d’emploi, on parle de formation, on parle de protection sociale, on parle d’éducation, on parle de…», explique Magali Reghezza-Zitt, membre du Haut Conseil pour le climat dans Le Monde du 17 août 2022. Et elle n’est pas seule à inclure l’éducation dans le changement de paradigme qui s’impose sans pour autant préciser ce qui doit changer. 

    On peut, d’ailleurs, poursuivre sur le même modèle : quand on parle d’éducation, on ne parle pas seulement des savoirs fondamentaux, on parle de la fonction du système éducatif, de sélection, d’inégalités, de reproduction sociale, d’aliénation, on parle de formatage, mais aussi de fonctionnalité de coopération pour les apprentissages, on parle…

    Des enseignants et éducateurs qui en sont convaincus, parfois depuis très longtemps (avec l’Education Nouvelle, Célestin Freinet, Bourdieu…), sont persuadés que, de nos jours, la « politique climatique » peut enfin inciter le système éducatif et les éducateurs à « bifurquer ». Cette bifurcation doit mettre l’entraide, la considération, l’égalité, au cœur du système public d’éducation. Le chemin à prendre est celui qui permettra à chaque jeune de s’épanouir parmi les autres et qui offrira d’autres perspectives que celles de la reproduction sociale, de la consommation, de l’individualisme. Une bifurcation qui pose l’écologie et la justice sociale comme projet émancipateur.

    Un premier signal de départ avait été donné par l’appel : « Plus jamais ça ! Préparons le jour d’après » lancé le 27 mars 2020 par 16 grandes organisations, et qui se terminait ainsi : « Lorsque la fin de la pandémie le permettra, nous nous donnons rendez-vous pour réinvestir les lieux publics et construire notre « jour d’après ». Nous en appelons à toutes les forces progressistes et humanistes, et plus largement à toute la société, pour reconstruire ensemble un futur, écologique, féministe et social, en rupture avec les politiques menées jusque-là et le désordre néolibéral ». 

Avec l’intention d’introduire l’éducation dans la préparation du « jour d’après », un nouvel appel, « Education Bien Commun », est lancé quelques jours plus tard, dans ce site, (cliquer ici), affirmant que notre système éducatif a pour « but principal de sélectionner les « élèves » pour répondre aux besoins du système capitaliste, avec pour horizon la consommation et pour résultat, l’accroissement des inégalités », qu’il est « urgent d’esquisser les contours d’un système éducatif alternatif et d’entreprendre des recherches-actions le préfigurant ».

    Aujourd’hui, des faits nouveaux rendent ces projets d’actualité. D’une part, la canicule, les inondations, la multiplication d’événements climatiques extrêmes ; d’autre part, un événement inédit, révolutionnaire, la déclaration des étudiant•e•s d’AgroParisTech lors de la remise des diplômes le 10 mai dernier reflète la volonté de bifurcation de certains jeunes. Cette déclaration, qui recoupe celles de diplômé•e•s de l’Ecole Normale Supérieure, Centrale Nantes, Polytechnique, l’Ecole Nationale Agronomique de Toulouse, HEC, Science PO, exprime leur malaise d’une manière retentissante (« déserter », « bifurquer ») et a été relayée par de nombreux médias. 

    Fait tout aussi significatif, de nombreux jeunes lycéen•ne•s et étudiant•e•s, stimulé•e•s par l’initiative de Greta Thunberg, ont manifesté leur impatience par centaines de milliers dans plus de 100 pays depuis 2018. Elles et Ils se sont exprimé•e•s en novembre 2021 au cours de la COP 26 à Glasgow : « Que voulons-nous ? La justice climatique ! Quand la voulons-nous ? Maintenant ! ».

Les plus jeunes, collégien•ne•s, écolier•ère•s, auraient aussi beaucoup à dire s’ils en avaient la possibilité. L’éco-anxiété touche un nombre croissant de jeunes. C’est aux professeurs d’en observer et relater l’expression qu’elle soit celle de la fuite, de la résignation, de la révolte ou du désespoir. Il ne s’agit pas d’ajouter aux programmes une nouvelle matière, le « développement durable », mais d’organiser un réel engagement dans la mobilisation générale qui s’impose…et qu’il s’agit de préparer. 

    Dans le domaine de l’éducation, les facteurs déterminants sont multiples :

  • Les parents. Ils sont soucieux de l’avenir de leurs enfants ; dans l’immédiat, ils souhaitent leur insertion dans la société et savent qu’elle passe par les examens. En même temps, ils constatent que même très diplômés, leurs enfants n’ont pas la garantie d’un emploi et que ces mêmes jeunes refusent parfois des emplois qui contribuent à la catastrophe planétaire. Ils constatent, comme les experts de ces questions, que leurs enfants sont en souffrance. Il s’agit de leur montrer que leur vitalité est retrouvée quand ils se trouvent engagés dans des projets porteurs de sens.
  • Les intellectuels, scientifiques, philosophes, sociologues, médecins, psychologues, journalistes, les leaders politiques,…, qui influencent l’opinion ont tous bénéficié du système scolaire. Ils se mobilisent plus volontiers pour défendre « l’école de la République » que pour examiner les défauts d’un système faussement « éducatif », bâti sur la méritocratie, la transmission magistrale des savoirs et qui participe à entretenir un système économique obsolète et mortifère. 
  • Il s’agit qu’ils admettent que d’autres voies permettent de développer les potentiels des enfants et des adolescents, en particulier leur engagement dans cette mobilisation générale.
  • Les enseignants. Ce sont des hommes et des femmes mal payés à qui l’on confie des missions devenues impossibles. Il s’agit de leur proposer des perspectives, de définir leur place majeure dans la préparation des enfants face à un avenir problématique, d’engager des recherches-actions permettant de définir les voies de la bifurcation. Ces voies doivent sortir les élèves de leur pupitre, transformer leur statut et faire de ces enfants et adolescents des acteurs de la transition dans des projets concernant leur classe, leur établissement, leur quartier.
  • Les animateurs et animatrices du périscolaire, de l’éducation populaire, de la culture et du sport, par leur proximité avec les enfants, notamment les plus éloignés de l’Ecole, sont des partenaires à ne pas oublier.
  • Les enfants. Il est légitime que les adultes aient un projet éducatif. S’ils le veulent émancipateur et s’ils pensent indispensable de rendre les enfants actifs dans cette mobilisation, il leur revient de les aider à prendre conscience de leur changement de statut de plus en plus précisément en les associant progressivement à ce projet. (1)
  • Il importe donc que nous mettions en question l’idéologie méritocratique et que nous appelions à la bifurcation en y incluant le système éducatif dans sa totalité. Il ne s’agit pas d’attendre des pouvoirs établis une nouvelle réforme mais d’opérer ensemble une bifurcation qui concerne l’ensemble de la société. 

(1) Les développements  de ce paragraphe ne peuvent figurer dans ce texte volontairement bref. Toutes les associations qui préconisent les « méthodes actives », la « coopération », « l’auto-socio construction », agissent déjà dans ce sens. Une publication récente « EDUCATION , UN BIEN COMMUN » rattache ces pratiques au changement de paradigme qu’imposent le changement climatique et la volonté de justice sociale. 

14 octobre 2022 – Raymond Millot et le groupe éducation CNNR (Conseil National de la Nouvelle Résistance)

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Premiers signataires :

UBC, Université du Bien Commun

Philippe Meirieu, professeur honoraire en sciences de l’éducation  

Laurence De Cock, historienne et enseignante

Michel Bourgain, maire honoraire de l’Île-Saint-Denis

Elisabeth  Bourgain,  agrégée de mathématiques, ancienne coordinatrice d’Auto-Ecole (lycéens décrocheurs), ancienne maire adjointe de l’Île St-Denis 

Eveline Charmeux, professeure-formatrice honoraire de français, ex-chercheuse à l’INRP 

Didier Minot, président de Changer de Cap

Vincent Giovannoni, PhD, conservateur en chef du patrimoine 

Catherine Chabrun, militante pédagogique et des droits de l’enfant, pédagogie Freinet

Patrick Viveret, philosophe

Marie Preston, artiste, enseignante-chercheuse à l’université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, membre de l’équipe TEAMeD (Théorie Expérimentation Arts Médias et Design)

Martin Pavelka, pédopsychiatre à l’hôpital public, Collectif des 39 – Groupe enfance, API

Sandrine Deloche, médecin pédopsychiatre en CMP et en CMPP. Collectif des 39- Groupe Enfance, API

Charles Pepinster, promoteur de la pédagogie du chef-d’oeuvre

Dominique Bourg,  professeur honoraire de l’Université de Lausanne

Bernard Charlot,  professeur honoraire en sciences de l’éducation, Université de Paris 8

Jean-Pierre Klein,  psychiatre honoraire des hôpitaux publics, pionnier de l’Art-Thérapie

Jean-Noël Dumont, président de GAFE-France (Groupe d’Action Francophone pour l’Environnement)

Le GAFE – Haïti

Damien Deville, docteur en géographie et aménagement du territoire

Anne Querrien, sociologue retraitée, auteur de  L’École mutuelle. Une pédagogie trop efficace?

François Harduin, enseignant spécialisé à dominante rééducative-relationnelle , président de la FNAREN

Angela Barthe, professeure des universités à Aix-Marseille

Pierre Frackowiak, inspecteur de l’Education Nationale honoraire 

Denis Robert, journaliste d’investigation, fondateur du media BLAST

Sophie Djigo, professeure de philosophie en classe préparatoire au lycée Watteau à Valenciennes. À 40 ans, elle est aussi l’auteure de plusieurs ouvrages sur les questions migratoires et fondatrice d’une association « Migractions 59 » qui vient en aide aux migrants de Calais.

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Pourquoi bifurquer ?

Et pour quoi ?

De nombreux élèves des grandes écoles à la suite d’AGRO PARIS TECH ont su expliquer pourquoi  ils souhaitent « déserter », « bifurquer ». [1] Il faut les écouter ici dans ce site et cette vidéo.

Les plus jeunes qui ont suivi Greta Thunberg dans sa révolte,  qui ont défilé dans une centaine de pays, alertés par le GIEC, ont révélé leur peur et l’ont traduite en exigeant lors de la COP 26 à Glasgow, « la justice climatique », « maintenant ». C’est à dire « bifurquer » même si leur analyse des raisons de l’injustice régnante reste imprécise. Ils poursuivent aujourd’hui, par tous les moyens, même « contre productifs » de se faire entendre (Extinction Rébellion, etc… )

Les uns et les autres se passionnent, « résistent», pratiquent la désobéissance civique, mettent en question « l’ordre établi ». Vivent. Ils construisent cette « résilience » qui leur permettra de traverser, mieux que d’autres, les épreuves qui vont se multiplier.

Les plus petits, ceux des écoles, des collèges, ressentent plus confusément cette peur dont les raisons sont parfaitement fondées. De nombreuses études en décrivent les effets inquiétants. Une éducation adaptée au monde dans lequel nous entrons doit viser à construire cette résilience. A cet effet, il importe que, comme leurs aînés, ils se passionnent, donnent un nom à leurs peurs, en comprennent la source, questionnent l’ordre établi, participent à certains projets des adultes.

A cet effet, la bifurcation qui concerne les enfants consisterait à  leur  reconnaître :

  • un statut de citoyens en construction et non plus des élèves  ayant, dans leur emploi du temps, un temps donné d’instruction civique
  • un statut de sujets dont les apprentissages prendront essentiellement leur source dans les actions individuelles et collectives en lien avec le monde qui les entoure et non plus dans des programmes et des progressions

La bifurcation qui concerne le « corps enseignant » [2] consisterait  à devenir

  • les organisateurs de cette ouverture sur le monde,
  • les techniciens des apprentissages qui s’y opèrent, des potentiels qui s’y révèlent, des émancipations qui s’y produisent.
  • les facilitateurs de la co-éducation dans la perspective d’une société elle-même éducatrice

                                                                                        R.M. 07 11 22

Notes

(1) ils ont mis en question les objectifs pour lesquels ils ont été formés

(2) les enseignants auraient à mettre en question les  divers formatages qu’on leur impose d’opérer pour assurer la reproduction sociale

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 Transition

Einstein

Le changement de paradigme exige des «bifurcations »…

« En science, on appelle paradigme une conception théorique dominante ayant cours à une certaine époque dans une communauté scientifique donnée ».

Le productivisme est « une conception  dominante de notre époque » qui a créé une situation catastrophique. Le mettre en question c’est donc vouloir « changer de paradigme ».

Le système éducatif entretient actuellement l’ancien paradigme en façonnant les esprits et en jouant un rôle majeur dans la reproduction sociale. Il est possible de nuancer le constat, d’évoquer le rôle émancipateur des savoirs qu’il transmet, mais il est indéniable qu’il est organisé  pour sélectionner, sur la base de critères définis par des programmes qui correspondent aux besoins de la société productiviste et capitaliste.

Sa philosophie méritocratique, prétendument égalitaire, développe un individualisme  qui fait obstacle à toute remise en question.

Vouloir changer de paradigme, c’est aussi vouloir, champ par champ, envisager les bifurcations nécessaires, et chercher à « résoudre les problèmes » en pratiquant « une autre pensée ». Dans le champ de l’éducation, une transition organisée doit, et peut, ouvrir la voie de la bifurcation.

a) La « déconstruction » du système… un préalable ?

La déconstruction  commence d’une manière inattendue, inespérée, initiée par celles et ceux  que le système a sélectionnés pour se perpétuer ! (note 1)

En mai 2022, les diplômés d’AgroParisTech suivis par ceux des grandes écoles affirment leur volonté de  « bifurquer » et contestent à la fois, l’orientation politique de leur formation et les fonctions qui leur sont réservées.

Six mois plus tard, « le Monde Campus 01 12 22 », confirme la tendance, parle de « nouveaux rapports de force » et commente l’exemple des élèves polytechniciens qui s’opposent aux tentatives d’implantation de total Energies et de LVMH sur leur campus : « Voilà un groupe social – historiquement associé au pouvoir – qui se détache de la tradition. Dans une école militaire, ça fait désordre : si ces élites commencent à se mobiliser, alors quelque chose est définitivement reconfiguré par l’urgence écologique »

La conviction de John Dewey, philosophe américain (1859-1952)  que « toute leçon doit être la réponse à une question que les élèves se posent »  résume, en 2022, la contestation des diplômés. La question qu’ils posent et à laquelle ne répondent pas les « grandes écoles » est  en effet  l’urgence écologique. 

Cette conviction est portée, depuis 1921, par les militants de « l’Education Nouvelle». Ils ont longtemps espéré que des forces progressistes entreprendraient un jour cette déconstruction et reconnaîtraient l’intérêt de leurs efforts. C’est le changement de paradigme qui peut aujourd’hui satisfaire cet espoir ! A cet effet :

  • Il faut sensibiliser l’opinion et en premier, celles et ceux qui l’influencent. Notre Appel intitulé « C’est tout le système éducatif qui doit bifurquer »  a déjà recueilli la signature significatives de diverses personnalités. Il croise la réflexion qui se développe dans les mouvements pédagogiques et d’éducation populaire (cf. Biennale « Convergence(s)pour l’Education Nouvelle » qui a réuni 500 participants à Bruxelles fin Novembre 22).
  • Il faut informer les jeunes militants qui se mobilisent dans la foulée de GretaThunberg et multiplient les actions et qui n’établissent pas un rapport entre l’état du monde et le rôle qui joue l’éducation. L’Appel « Pourquoi bifurquer, et pour quoi ?» en précise très brièvement le lien.
  • Il faut  maintenant répondre à la question: « Comment s’y prendre ?», d’où la proposition ci-après qui  envisage concrètement le problème de la transition.
  • Elle suppose, ce qui n’est pas acquis, que l’idée de changement de paradigme pénètre le domaine de l’éducation. Dans celui de l’agriculture, de multiple expériences qui  redonnent vie à la terre peuvent être évoquées, pour espérer qu’un jour les ravages des pesticides et insecticides pourront être combattus. Dans l’école publique les recherches tournées vers l’avenir que les enfants vont  devoir affronter, n’existent pas. On parle seulement « d’innovations ».
  •  Les recherches organisées nationalement qui se produisaient dans les écoles expérimentales  à Paris, Grenoble, Villeneuve d’Ascq …, ont été abandonnées depuis plus de 25 ans. Les perspectives ont dramatiquement changé et on ne peut plus s’y référer,  (note 2) mais leurs apports ne sont pas oubliés. Ils nourrissent  cette proposition.
  •   L’état moral  et émotionnel inquiétant de la jeunesse, relaté par de nombreuses enquêtes, devrait en motiver l’examen. Et rien n’interdit d’imaginer  que la conscience de l’urgence écologique, manifestée par l’élite de la jeunesse, soit, tout aussi subitement, partagée par une vaste cohorte de professeurs (ce que leur haut niveau de formation permet d’espérer)…

b) La proposition : lancer  une recherche-action de très grande ampleur

Elle repose sur une hypothèse optimiste. La nécessité de « bifurquer » se développe et suscite l’exploration de voies nouvelles :

  • visant à explorer les caractéristiques possibles et souhaitables du nouveau paradigme éducatif, d’une manière pragmatique, coopérative (avec une organisation régionale et nationale déjà expérimentée)
  • faisant  appel à de nombreuses équipes d’établissement volontaires
    • ayant pour objectif de préparer des citoyens capables de faire face aux conséquences du réchauffement climatique, de préserver les biens communs et d’inventer une alternative démocratique et sociale au système capitaliste
  • qui ne pourrait se confondre
    • ni avec  un nouveau de projet de réforme, ni avec  l’opération lancée  par le pouvoir au service d’un « Fonds d’Innovation Pédagogique (FIP) ». Opération conforme à l’idéologie libérale, sans perspective politique ambitieuse, qui détourne certains concepts de l’Education Nouvelle comme « innovations pédagogiques au plus près des besoins des élèves, « liberté pédagogique », et même qui s’approprie l’idée  « école  bien commun » que nous avons mise en chantier (note 3)

Elle concernerait les élèves de 3 à 15 ans.

Objectifs immédiats :

  • Enrayer leur détresse morale visible et prévisible en les engageant dans des activités sociales, écologiques, urbanistiques, agricoles, artistiques en cours dans leur environnement.
  •  Donner sens aux apprentissages, rendus fonctionnels parce que fondés majoritairement sur ces expériences de vie et évalués d’une manière participante formative, porteuses de sens pour les parents. 
  •  Permettre aux potentiels individuels de s’exprimer et se développer au bénéfice général.
  •  Déterminer le rôle que les enfants peuvent jouer, sans être enrégimentés, dans les mobilisations adultes que le réchauffement climatique va rendre nécessaires.

Objectifs à moyen terme :

  • Ces deux premiers cycles essentiellement « éducatifs »  deviendraient une préparation efficace et motivée pour des enseignements interdisciplinaires du 3ième cycle.
  •  L’ouverture de l’école sur le monde amorcerait l’idée d’une société éducatrice (les  sources du savoir étant partagées entre enseignants, parents, acteurs du monde économique, social, culturel…).
  •  Les enfants et adolescents, sujets actifs  de cette éducation, contribueraient eux-mêmes  activement au changement des conceptions concernant l’éducation et l’enseignement, et deviendraient acteurs et bénéficiaires du processus émancipateur en cours dans plusieurs domaines…

NOTES

(Note 1)

(Note 2) Ces propositions s’appuient sur l’expérience acquise dans la recherche-action (dans le cadre de l’INRDP) relatée dans : Une voie communautaire (éd. Castermann 1978 ) – Ecoles en rupture (éd. Syros  1979) – Vivre à l’école en citoyens (éd.Voies livres 1998), Ecole ouverte/recherche-action/société éducatrice (éd. AFL 2013)

Lire sur notre site les articles de la page Recherche-action et de la page Innovation.

(Note 3) Raymond Millot. L’EDUCATION UN BIEN COMMUN  (éd.Massot 2021). Il se clôture par des pistes de réflexion pour mettre en œuvre une école plus juste, démocratique et solidaire en quelque sorte une « bifurcation »comme celle qu’ont souhaité en juin 2022, les étudiants d’AGRO PARIS TECH et leurs collègues des autres « Grandes Ecoles » ».

***

Parce que l’éducation nous concerne tous, parce que la mise en place de la réforme du lycée professionnel et de l’école du pacte fragilisent encore davantage notre école, soyons nombreuses et nombreux à partager nos expériences et à défendre un vrai service public d’éducation.

Le 11 mai 2023, ensemble, bifurquons ! A l’académie du Climat.

Pour le groupe éducation CNNR- Stéphanie Sellem, Raymond Millot, Nadine Lanneau
Pour l’Université du Bien Commun, Jean Pascal Derumier

Après l’Appel à bifurquer dans l’Education de 2022 : invitation pour réfléchir en vue d’actions de bifurcations :

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